mercredi 1 février 2012

Lana De Rey - Born To Die


Lost but now I am found
I can see but once I was blind
I was so confused as a little child
Tried to take what I could get
Scared that I couldn't find
All the answers, honey


Dans le monde parfait de la pop music, Robyn serait la reine incontestée, loin devant la déjantée Katy Perry et la prostipute Rihanna. Lady GaGa aurait rangé ses déguisements après son Fame Monster, Britney serait devenue obèse et mère célibataire et Shakira serait retournée à sa triste condition d'immigrée colombienne. Oui, mais ce monde n'existe pas et les chanteuses sus-citées règnent sans partage, aidées par un soutien sans faille des radios. Quel plaisir me fut-il alors de voir tout ce buzz médiatique autour de Lana Del Rey. Adoptée par une blogosphère branchouille à qui elle a repris les codes stylistiques dans sa première vidéo Video Games, adoubée par les médias traditionnels (radio et télé), Lana a eu une ascension fulgurante, rappelant celle qu'a connu Lady GaGa il y a 4 ans.

Comme GaGa était Stefani Germanotta, Lana Del Rey a eu une deuxième vie avant Lana Del Rey. Avant son relooking express et son ravalement de façade, Lana était Lizzy Grant, chanteuse folk au physique quelque peu ingrat et au look tout sauf fashion saavy. Comme GaGa en 2008, Lana Del Rey est arrivée au bon moment, où la pop avait justement besoin d'un nouveau souffle, après 4 ans de règne sans partage de Guetta/GaGa, d'une pop faussement moderne, à l'esthétique futuristico-porno, aux chorégraphies putassières et à une culture people devenue beaucoup trop obsène. "Je ne suis pas en compétition avec ces filles" dit-elle en évoquant ses consoeurs Rihanna et autres Ke$ha. Non, Lana Del Rey est bien au-dessus. Telle une bourgeoise américaine issue de la WASP BCBG américaine, Lana Del Rey est un oiseau rare que l'on ne trouve pas à tous les coins de rue. Evoquant à la fois le chic, la sensualité, la grâce, l'Amérique puritaine et la féminité sophistiquée de Marilyn Monroe. Lana Del Rey est comme une bourgeoise au premier abord froide et rigide, qui s'avère être en réalité une petite coquine. Et tout le monde sait que les bourgeoises sont les plus grosses cochonnes. A bon entendeur.

Jouant à fond sur cette imagerie 50's emplie de références vintage, ses lèvres pulpeuses et sa voix suave et délicieusement Rey-tro ont attiré les majors qui ont senti le vent tourner. Signée chez Interscope en octobre, la maison de disque la plus puissante du moment, la déferlante Lana Del Rey sort enfin son très attendu  Born To Die. Comme on pouvait s'y attendre, l'album s'entiche d'une patine vintage. Mais comme des chaussures neuves à l'effet vieilli, cette patine industrielle n'est que de la poudre aux yeux. Car si le fond est rétro, la production est belle et bien actuelle, emprunt de groove R&B et de beats hip-hop (National Anthem, Diet Mountain Dew). Instrumental et aérien, parfaitement arrangé, l'album comporte douze chansons, douze singles potentiels. Homogène sans pour autant être répétitif, les refrains sont entêtants. Les pistes s’enchaînent avec cohérence et tout tentative pour dénicher de ci de là du remplissage serait vaine. Born To Die est majestueux, sophistiqué, léthargique quelque fois, évoquant comme les Cults ou Tennis en 2011, une époque où la pop music était mélodieuse, et non racoleuse.

Mais ne soyons pas dupes, Lana Del Rey est un produit extrêmement bien travaillé, peaufiné jusqu'aux moindres détails pour conquérir les charts. La carte de la nostalgie n'est ici utilisée qu'à des fins commerciales. Elle n'est que superficielle, comme sa beauté. Qu'importe, elle est la photographie numérique de l'air du temps, de notre époque, de notre présent stérile, qui est obligé de puiser ses références dans le passé pour aller de l'avant. Lana Del Rey ne sera peut-être plus dans quelques mois et restera dans le ciel une étoile filante. Il n'y a qu'à voir le lynchage que subit la chanteuse sur les réseaux sociaux et la vitesse de retrounement de veste des pseudo-journalistes et détenteurs du bon goût pour se rendre compte que le personnage de Lana Del Rey est mort aussi vite qu'il est né. Mais la magie du rétro aura tout de même réussi à lui donner un goût de classique.




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