vendredi 2 décembre 2011

Childish Gambino - Camp


Ayo, fuck this
Are we dating? Are we fucking?
Are we best friends? Are we something in between that?
I wish we never fucked, and I mean that
But not really, you say the nastiest shit in bed and it’s fuckin’ awesome



Le rouleau compresseur annoncé, du nom de Drake, a bien eu lieu il y a deux semaines. Avec 700000 exemplaire vendus de son Take Care, la recrue de Young Money n'a laissé que des miettes à ses confrères du game. Un rappeur a pourtant sorti son épingle du jeu, Childish Gambino. En trois mixtapes et un EP, l'acteur/compositeur/chanteur/producteur/rappeur Donald Glover s'est fait un petit nom dans le milieu du rap, ses couplets sur les fiévreux Let Me Dope You et Hero, plein de venin et de verve, surprenant plus d'une personne qui n'aurait pas misé sur un jeunot au look de nerd issu d'une sitcom à succès, Community.

Sous une pochette digne des plus belles photos populaires de l'appli Instagram, Childish Gambino nous offre un album à l'esthétique léchée. Si Drake entretient l'héritage de l'intimiste 808's & Heartbreak, Camp est dans la lignée du dernier chef d'oeuvre du maître Kanye West. Childish Gambino nous livre un Hip-Hop à la fois flamboyant et épique, entrant définitivement dans son personnage de rappeur narcissique, amibitieux et obsédé, au flow si cartoonishly. Frisant l'overdose d'allusions phalliques, lançant un nombre incroyable de dick à la minute, Gambino se fait tout de même plus sérieux en évoquant le racisme ou l'ostracisme qu'il a subi pendant son enfance, car différent des autres enfants Noirs. Une différence devenant presque obsessionnelle durant tout l'album : "No live shows, cause i can't find sponsors for the only black kid at a sufjan concert", sur Fire Fly, "I'm lame as fuck homie/but I rap like these ****** ain't got shit on me", sur Backpackers, "Is there room in the game for a lame that rhymes/ And wears short shorts and tells jokes sometimes ?" On peine à croire que Donald Glover ait pu ignorer le succès de Lil B, Tyler The Creator ou Das Racist, également différents des images stéréotypées du Hip-Hop, lorsqu'il lance ces punchlines, préférant rester dans son rôle de rappeur faussement décalé et marginal.

Camp est cependant une preuve indéniable du talent protéiforme de Donald Glover, entièrement produit par ses soins. De l'intense Bonfire au fragile All The Shine en passant par l'energique Heartbeat et le piano-forte Hold You Down, l'album surprend par son incroyable musicalité et sa richesse. Mais les écoutes successives font penser à un simple eratz de My Beautiful Dark Twisted Fantasy. Noir et issu de la classe moyenne américaine comme Mr. West, Childish Gambino entretient un complexe d'infériorité presque gênant vis-à-vis du rappeur chicagoan, reprenant les mêmes thèmes et posant sur des instrus similaires, plein de cordes et de choeur. Un complexe que Gambino assume, depuis qu'il a écouté The College Dropout, raconte-t-il.

Attachant et abouti, je me suis surpris à écouter l'album en boucle depuis plus de deux semaines. Encensé par la critique, sauf Pitchfork qui lui a donné un incompréhensif 1.6/10, nous n'avons pas fini d'entendre parler de Childish Gambino, qui signe l'un des meilleurs albums de l'année.



Childish Gambino - Bonfire



Childish Gambino - Heartbeat


 
Childish Gambino - Sunrise
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